CAROLE et CLARK - DULUC VINCENT

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CAROLE et CLARK

CAROLE et CLARK

DULUC VINCENT
Editeur : STOCK
Collection : LA BLEUE
Date de parution : 13/01/2021

[ean : 9782234087422]

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18.50 €
Résumé
Ils étaient plus que des stars de cinéma. Ils étaient le couple rêvé, un feuilleton national. Entre 1930 et 1940, Carole Lombard et Clark Gable incarnaient une certaine idée du bonheur et Hollywood qui aimait les chimères était à leurs pieds. Elle était le glamour, elle était drôle, parlait comme un marin, imposait sa loi. Son charme agissait comme un sortilège, sur certaines photos elle était presque nue et on ne regardait que ses yeux. Il était l'homme qui embrassait les femmes, une aura reposant toute entière sur un geste originel, une manière d'agripper sa partenaire par le bras, qui disait où était le pouvoir, où était l'électricité.Il était la star de Autant en emporte le vent, elle irradiait dans La Joyeuse suicidée, ils s'étaient rencontrés sur le plateau d'Un mauvais garçon. Il est possible que tous les deux aient eu moins de partenaires à l'écran que dans la vraie vie. Ils essayeraient de rester ensemble au milieu du désir des autres, dans ces existences irréelles que les studios contrôlaient et inventaient, mêmeDu fantasme à l'envers du décor, de l'ironie à la tendresse, ce serait Elle et Lui, et puis Lui sans Elle, une succession de remords et de rédemptions, un crépuscule essoufflé, avant de s'allonger à ses côtés sous le marbre de Los Angeles.

Notre avis

Parmi toutes les histoires d'amour qui ont écrit la légende d'Hollywood au fil des décennies, celle unissant Carole Lombard et Clark Gable garde une place à part, digne des scénarios les plus tragiques et des drames les plus bouleversants. Pendant quelques années, leur bonheur a irradié la capitale du cinéma, harmonieux, sincère, enthousiaste, avant de se briser en même temps que l'avion de l'actrice sur le flanc de la montagne, près de Las Vegas, trois ans seulement après leur union et alors qu'elle n'était âgée que de 33 ans.

Bien sûr, tout n'était pas toujours rose, et le bruit veut qu'ils se seraient disputés avant le voyage de l'actrice, très certainement au sujet des rumeurs d'infidélités de Gable, précipitant son envie de retour et sa mort. La rencontre de deux âmes errantes, étriquées dans des mariages qui ne leur conviennent pas et par les conventions, le mariage au terme d'un road-trip rendu secret, le ranch dans lequel ils s'installent, la mort de l'actrice, le chagrin de son époux, son espoir d'assister à un miracle, la tristesse qui l'accompagnera jusqu'à sa propre disparition, tout est abordé dans ce court roman d'une grande élégance qui, plutôt que de se vouloir l'hagiographie de deux gigantesques stars de l'histoire du cinéma, se révèle un hommage pudique, vibrant, lumineux rendu à un homme et une femme, à leur force de caractère et à leurs fragilités propres, et surtout à l'amour qui les unissait.

Sous la plume de Vincent Duluc, la légende Gable s'efface au profit de Clark, redevenu l'homme ordinaire, ses oreilles en feuilles de chou et ses dents écartées, le renvoyant le temps du vivant de son épouse dans l'ombre de celle-ci, comédienne merveilleuse mais surtout femme libre, insouciante, somptueuse mais volontiers grossière parce que déterminée à être l'égale de ces messieurs à Hollywood, usant sans cesse d'un bagou et d'une joie de vivre à toutes épreuves. Carole Lombard ne serait jamais l'objet décoratif d'un film, pas plus que l'accessoire de son mari. L'avion maudit dans lequel elle embarque en 1942 la ramenait d'une collecte de fonds destinée à soutenir l'effort de guerre américain ; on en attendait 500'000 dollars, elle en ramènera 2 millions, simplement parce qu'elle est Carole Lombard et que personne n'aurait pu faire mieux, pas même Monsieur.

En lui offrant le premier rôle de leur histoire, lui consacrant l'essentiel de la première moitié de son livre et quelques pages d'une grande beauté, traduisant avec émotion l'admiration qu'il portait sans doute lui-même à l'actrice, Vincent Duluc lui rend non seulement la place qui fut la sienne et que la légende aurait tendance à oublier, mais aussi sa part d'éternité, la trace laissée par une femme d'une immense modernité et que la littérature féministe contemporaine abandonne trop souvent aux oubliettes.

Car si l'on se souvient de tous de Clark Gable, éternel Rhett Butler de "Autant en emporte le vent", le play boy aux conquêtes multiples disparaît ici et ce n'est que dans le costume inconfortable de l'homme éploré et inconsolable qu'il prend véritablement corps, au crépuscule d'une vie qui se consumera dans le désespoir et les excès d'alcool et de cigarettes, à l'issue du tournage des "Désaxés" et de son duo ingérable avec Marilyn Monroe, comme si William Clark Gable ne pouvait exister véritablement sans Jane Alice Peters (aka Carole Lombard), uniquement s'ils étaient "Carole et Clark", le titre du livre, l'addition de deux prénoms plutôt que de noms de stars, valorisant mieux qu'il ne le fallait ce à quoi l'essentiel de cette vie se résume, un amour, un couple, une femme. Bien qu'il se soit marié deux fois après la mort de Carole Lombard, il ne quittera jamais le ranch dans lequel ils s'étaient tant aimés et c'est auprès de cette dernière qu'il sera enterré.

"Carole et Clark" aurait pu être une biographie parmi d'autres de deux étoiles du cinéma qui se sont adorées, déchirées, pleurées, réconciliées puis perdues. Il fallait une plume d'exception pour donner à cette histoire dont le tragique pourrait se suffire à lui-même le relief du roman, il fallait du coeur, du style, de la délicatesse pour hisser son ambition à la hauteur d'une passion extrême et dévorante et extirper des entrailles et de la mémoire des personnages les émotions qui les ont envahis, habités puis remués. Vincent Duluc, reporter au journal "L'Équipe", qui offre déjà chaque jour au football ses lettres de noblesse en dépit du mépris affirmé d'une certaine intelligentsia pour cet extraordinaire miroir des foules, capable par son seul talent d'écrivain d'enrober de passion et de lumière l'obscur 0-0 d'un Dijon-Lorient dans le huis-clos d'un confinement de novembre, rappelle ici son génie pour esquisser le portrait de personnalités iconoclastes, pour capter l'atmosphère d'une époque, d'un lieu, d'un contexte et pour la restituer avec une telle précision et une telle sensibilité que l'on s'y immerge avec une rare facilité et une délectation jubilatoire.

Déjà auteur il y a quelques années d'un roman fabuleux consacré à George Best, la plus grande rock star du football, aussi dingue, imprévisible et cathartique que Diego Maradona, le journaliste fait ici une infidélité à ses premières amours. Explorant des contrées inédites, il prouve que ses talents de conteurs d'histoires ne s'arrêtent pas aux portes d'Old Trafford ou de Geoffroy Guichard, et que sa capacité à raconter avec subtilité n'importe quel parcours hors-norme flirte avec ce que la littérature offre de meilleur, sa capacité à retranscrire le rêve et la lumière de ce qu'une histoire est en mesure de transmettre au lecteur, même dans ce qu'elle a de plus tragique.

Le premier grand roman de 2021.

Alexis

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