CHRISTIAN DOTREMONT - N 1079 - COLLECTIF

Nos rayons
CHRISTIAN DOTREMONT - N  1079

CHRISTIAN DOTREMONT - N 1079

COLLECTIF
Editeur : NC
Date de parution : 07/03/2019

[ean : 9782351500996]

Hélas, cet article n'est pas disponible
20.00 €
Résumé
Né en 1922 à Tervuren, dans la périphérie de Bruxelles, Christian Dotremont fut un adolescent révolté qui publia à 18 ans son premier livre de poèmes. L'ouvrage fut imprimé peu de temps avant l'invasion de la Belgique par les troupes allemandes. Séjournant à Paris sous l'Occupation, Dotremont participa aux activités du groupe surréaliste « La main à plume ».C'est à cette époque qu'il rencontra Éluard, Picasso et MagritteAprès une brève aventure « surréaliste-révolutionnaire », il fut en 1948 l'initiateur de CoBrA, groupe international d'art expérimental. L'effervescence créatrice, le goût de la spontanéité, l'intérêt pour les arts premiers, les arts populaires et l'art brut caractérisèrent ce mouvement qui prit fin en 1951Cette année-là, au Danemark, Dotremont entama un long combat contre la tuberculose. Au même moment, il rencontra Bente Wittenburg. Devenue Gloria dans son oeuvre, elle prit place à jamais dans son « entreprise passionnelle de longue haleine ». Au cours de l'hiver 1956, Dotremont se rendit pour la première fois en Laponie, s'enfonçant jusqu'au coeur dans la neige. L'inspiration nordique illumina dès lors son oeuvreUne valise à la main, il renouvela au fil des années ses lointaines expéditions septentrionales. « Après avoir été un des acteurs principaux de la réflexion d'avant-garde, puis le fondateur d'une peinture nouvelle », a pu dire son ami Yves Bonnefoy, « il devint dans ses années de voyage et de demi-solitude un des plus véridiques poètes qui aient alors écrit en français, ajoutant même à l'expression poétique une dimension graphique imprévue encore. » Le geste profond de Dotremont avait toujours visé à accéder au réel véritable en brisant les entraves des conventions et des stéréotypes. Son aventure poétique trouva au début des années soixante un nouvel élan fécond dans la pratique des logogrammes, dessins de mots et peintures de langage manifestant une unité d'inspiration verbale et graphique. En Laponie, ce n'est pas au pinceau, à l'encre noire sur papier blanc, mais dans la neige et la glace que Dotremont traça ses poèmes : « Il m'arrive d'avoir le sentiment, quand je trace un logogramme, d'être un Lapon en traîneau sur la page blanche, et de saluer la nature comme au passage, par la forme même de mon cri ou de mon chant ou des deux tout ensemble. » Dotremont disait aussi : « Il faut voler le feu sans perdre les braises ni les cendres, ni le froid pour lequel on l'allume, ni le froid vers lequel il disparaît »C'est l'intensité bouleversante d'une oeuvre et d'une vie que l'on retrouve dans ce numéro d' Europe consacré à ce magnifique poète.